Curriculum vitae (fr.)
Henri (Riquet) Formaz-Kälin 7.1.1940 - 23.11.2007
Chère famille, chers amis,
Permettez-moi de retracer quelques étapes de la vie de papa.
Né le 7 janvier 1940 à Orsières (VS) , le 7ème d’une famille de 14 enfants, papa eut une belle enfance, bien que rapidement confronté aux dures réalités de la vie. Il passait ses longues vacances d’été en tant que chevrier intrépide de la Combe d’Orny et servant d’attentionné protecteur de son fragile petit frère Raphy qui l’accompagnait et le secondait. Après l’apprentissage de boucher, papa, encouragé par sa maman, veuve depuis quelques années, part pour Einsiedeln à la recherche d’une place de travail. Une année plus tard, il se retrouve à Gerlafingen pour un nouveau travail. C’est là qu’il fait la connaissance de Marlène Kälin, alors vendeuse dans une charcuterie, avec qui il se mariera en novembre 1965.
Papa et maman vivent leurs premières années de couple en Valais, où, pour des nécessités de travail, ils doivent souvent déménager. Durant cette période ils ont la joie d’accueillir leurs deux enfants, Dolores et moi-même, Arsène.
En 1975, de retour dans le canton de Schwyz depuis quelques années, mes parents reprennent la direction de la mensa de la nouvelle école cantonale de Pfäffikon. Cet emploi deviendra un peu leur vocation pendant les prochains 25 ans. Jour et nuit, le chef de cuisine Riquet s’engage sans relâche pour satisfaire les besoins des étudiants et des enseignants, pendant que la toujours souriante Marlène est responsable des arrières et autres mille petites besognes. Pour arrondir une paye insuffisante, mes parents vont également reprendre d’autres activités durant les vacances d’été, comme par exemple la gestion et la surveillance des piscines ouvertes de Rapperswil et Pfäffikon. Au travers de son travail, papa noue de profondes amitiés avec l’un ou l’autre étudiant, comme celle avec Gille Gsell que papa et maman visiteront trois fois dans sa nouvelle patrie, le Costa Rica.
En 1998, papa est confronté à la maladie. Un poumon lui est ôté suite à un cancer. Désormais il va se dédier à sa famille, en particulier à ses 5 petits-enfants. Avec chacun et chacune il développe une relation particulière. Il est à tour de rôles leur cuisinier, leur confident, leur animateur. Il les emmène à l’Europapark, à Disneyland à Paris et ailleurs. Il est toujours prêt à décharger les parents si besoin est.
En janvier de cette année, papa reçoit la dure nouvelle ; des métastases sont diagnostiquées dans le poumon restant, et les médecins annoncent une espérance de vie d’encore 2 à 3 mois, au maximum une année. Il accepte le diagnostique avec courage et sérénité. Il renonce à tout traitement et accepte dignement son destin. Par amour pour sa grande famille et ses nombreux amis, il réserve cette nouvelle au cercle le plus restreint. Avec le plus grand soin et jusque dans les détails, papa et maman commencent à régler tout ce que la nouvelle situation requiert, en particulier l’enterrement d’aujourd’hui. Durant cette année, papa ne se laisse pas aller… au contraire. Il va vivre cette dernière année avec plénitude. En octobre par exemple, il part avec maman pour une semaine de croisière en Méditerranée. Avant de partir, il déclare avec prémonition : « Je fais ce dernier voyage avant le Grand Voyage (en majuscules) ».
Le 21 novembre, en fin de journée, on retrouve papa inconscient sur le divan. Deux jours plus tard, il nous quitte pour rejoindre la grande famille du ciel.
Je désire terminer ce profil en essayant de résumer quelques traits de caractère de papa. Je me base en autres sur de nombreuses discussions eues durant cette dernière semaine avec quelques-unes des personnes ici présentes :
Papa était un grand travailleur, un « bosseur ». Il a toujours eu un sens aïgu du travail bien fait et un grand sens des responsabilités, en particulier envers les siens et avant tout sa Marlène chérie. Il ne se préoccupait pas tant, d’avoir de propres hobbies, à part le soin qu’il portait à sa maison de Galgenen. Son tempérament fort, qui pouvait autrefois le porter à la colère avait peu à peu laissé la place à la douceur, la tendresse, où l’interlocuteur se sentait pleinement accueilli et aimé. Il savait pardonner et oublier les erreurs d’autrui.
Oui, papa va nous manquer…mais nous croyons fermement que nous le retrouverons un jour.
Pfäffikon SZ, 30.11.07
la vie l'amour la mort